vendredi 1 août 2008

USA 2008, TENNESSEE EN PAYS AMISH

ETHRIDGE
Cette étape n’était pas prévue. Nous pensions aller de Nashville à Memphis par la route la plus directe, sans me douter un seul instant qu’il existait une petite communauté Amish au sud du Tennessee.
Avant de partir, j’étais allée voir sur Internet dans quels états rencontrer Amish ou Ménnonnites. A part Pennsylvanie, Indiana et Ohio où ils sont les plus nombreux, aucune information sinon leur présence dans 27 états. Mais lesquels ?
Dans cette région des USA, sur l’autoroute, chaque fois qu’on change d’état, se trouve ce qui correspond à nos Offices de Tourisme. C’est à la frontière entre la Georgie et le Tennessee (Chattanooga) que j’ai eu connaissance de la petite communauté d’ETHRIDGE située en-dessous de Nashville (un bon détour tout de même !)

Voici quelques commentaires tirés d’Internet :
Les Amish sont un ordre religieux qui, comme tout ordre, s’appuie sur une règle : Ordnung. C’est l’Ordnung qui règle tous les détails de la vie pratique, de la naissance à la mort. L’accent est mis sur la simplicité de la foi : il faut suivre Jésus dans la vie de tous les jours, c’est-à-dire renoncer à soi-même, renoncer à vouloir jouer un rôle dans le monde, apprendre à supporter les épreuves avec patience et tout espérer de "l’autre monde". La philosophie de vie Amish, proche du stoïcisme, est en religion un quiétisme teinté de piétisme. D’une manière très conforme au pessimisme monastique, les Amish pensent que la seule manière possible, pour eux-mêmes, de pouvoir mettre en pratique les enseignements de Jésus, c’est de vivre en communauté et d’essayer de se soustraire aux mauvaises influences du monde moderne en s’en séparant.


Les Amish aujourd’hui
Les sociologues qui prévoyaient, dans les années 1950, la disparition des Amish par dissolution dans le "melting pot" américain, se sont trompés. Paradoxalement, le monde moderne devenant de plus en plus "inhumain", davantage de dissidents l’abandonnent pour rejoindre l’ordre. Aux Etats-Unis, les Amish ne sont pas menacés d’extinction mais personne ne peut dire sous quelle forme leur communauté subsistera.
Pour échapper à l’emprise de cette terre, et de ce temps, les Amish ont compris que tout ce qui ne dépendait pas de nous n’avait finalement que peu d’importance. Ayant renoncé aux concepts illusoires de libre-arbitre, d’émotivité, d’activité, ils se contentent de naître là où Dieu les a placé : dans leur communauté, d’y vivre et d’y mourir le plus humblement possible. Nous pouvons leur faire confiance, avec eux l’ordre éternel n’aura été que très momentanément perturbé.
Pour tout savoir (ou presque) sur les Amish :
Cette page de Wikipedia reprend les réponses données dans un livre que j’ai acheté à Ethridge : « Most Asked Questions about the Amish and Mennonites ».
Un autre site avec des photos intéressantes :
Un remerciement spécial à ma fille pour les photos d’extérieur particulièrement réussies.

UN JOUR DE GRANDE LESSIVE A LA MAIN


OU DANS CETTE ANTIQUE MACHINE
A gauche, on reconnaît l'essoreuse que certains d'entre nous ont connue du temps de nos premières machines à laver (électriques tout de même en ce qui me concerne)

LA BOUTIQUE
Pas de boutiques de tissus comme en Pennsylvanie. Donc très difficile de rencontrer les Amish eux-mêmes.
A l’entrée du village, on a trouvé sur la route, un ancien motel transformé en magasin d’exposition et de vente de produits de l’artisanat Amish … malheureusement tenu par une américaine.
Et à l’intérieur, outre de jolis meubles, lampes, vanneries et autres articles : des quilts Amish de toutes sortes.
On m’autorisa à prendre toutes les photos que je voulais, alors je m’en suis donné à cœur joie … pour vous, pour moi.


LE QUILT (source Internet)
Vers le milieu du 19ème siècle, les femmes amish, au contact des paysannes " anglaises ", furent séduites par cet art de la récupération qui correspondait parfaitement à l’austérité et à la frugalité de leur communauté.
Le mot quilt vient du latin « culcita » à savoir sac rembourré, matelas ou coussin. Très vite cependant, le quilt fut utilisé comme couverture de lit : en effet, il eut été dommage de l’utiliser comme matelas puisque les femmes passaient de nombreuses heures à le surpiquer, donc à lui conférer le caractère de beauté.
En anglais américain, le verbe to quilt (piquer) a donné son nom à cet assemblage de tissus. Au patchwork qui est l’assemblage de tissus, le quilt a donc ajouté un surpiquage qui en fait toute l’originalité. Ce surpiquage, outre qu’il permet de tenir ensemble deux ou trois couches de tissus, ajoute à l’ensemble un aspect visuel qui a souvent débouché sur un véritable art.
Pour les femmes amish, le quilt est simplement une couverture de lit que l’on confectionne à l’occasion d’un mariage, d’une naissance ou pour aider quelqu’un à payer des factures, médicales notamment (la communauté refuse en effet toutes les assurances sociales et maladie).


AMISH
Le quilt amish est aisément reconnaissable par le fait qu’on n’y utilise que des couleurs unies correspondant à la couleur des habits de la communauté, à l’exclusion des tissus imprimés considérés comme " frivoles ".
Très souvent, le quilt amish est une œuvre collective des femmes de la communauté, surtout au niveau du surpiquage (quilting) alors que l’assemblage des bouts de tissus (piecing) ainsi que le choix des couleurs dépendent d’une seule personne. On reconnaît un quilting comme on reconnaît une écriture à la main ". Cela signifie que les pièces les plus fines sont piquées par une seule personne dont les connaisseurs savent reconnaître " l’écriture ". Constatation qui n’enlève rien à la valeur du surpiquage collectif (quilting bee) fait par des mains de femmes après le travail de la ferme. L’esprit en est simplement différent : il correspond bien à la mentalité amish qui privilégie la communauté par rapport à l’individu.

En 1990, des sociologues américains posèrent la question suivante à un groupe de femmes amish : "Quelles sont les plus belles choses au monde". Les réponses furent, sans grande surprise, les mêmes dans chacune des congrégations interrogées :
1°) Ma famille et mes enfants, 2°) mon jardin, 3°) mes quilts.
Toutes les femmes amish ne font pas des quilts mais pour la jeune fille débutante (vers 14-15 ans), être accueillie autour du cadre où se trouve un quilt en devenir, est une sorte de consécration sociale.

LES VOICI


En regardant ces photos, une amie m’a demandé combien coûtaient ces quilts.
Eh bien je suis totalement nulle ! Ma préoccupation première a été de les admirer et de les immortaliser, pas de les acheter ni d’en connaître la valeur marchande.
Sur le moment, je lui ai même répondu que les prix n’étaient pas affichés. Pourtant aujourd’hui quand je regarde les photos, je m’aperçois qu’ils portaient pratiquement tous une étiquette !

Notez aussi la beauté des chaises ...

Très souvent on récupère les chutes des habits confectionnés à la maison pour faire un quilt (Sunshine and Shadow) …


… mais on achète aussi de grandes pièces de tissus pour les modèles à large surface " riches " en surpiquage (Center Diamond).

Il semblerait ici que ce soit un dessus de lit, les petites étoiles se situant à l’endroit du traversin



Le carré, le triangle et le losange sont à la base du quilt amish, étant entendu que cette communauté respecte le commandement biblique disant " Tu ne te feras pas d’image taillée " (Exode 20 :4). A de rares exceptions près, un quilt amish ne sera donc jamais figuratif. La combinaison à l’infini du carré, du triangle et du losange, l’assemblage audacieux des couleurs et le piquage, souvent très élaboré, sont les trois ingrédients de cet " art de la récupération " ou " art de l’économie ". Les amateurs de quilts les utilisent aussi bien sur des lits que comme applications murales qui font merveille dans la décoration.
(source Internet)



MAGNIFIQUE DESSUS DE LIT AUX EVENTAILS
Outre le surpiquage très élaboré, ce qui fait l’originalité d’un quilt amish est la façon d’assembler des tissus de couleurs sombres pour créer la lumière.
Sur un très beau lit de fabrication artisanale.


LES ANNEAUX DE MARIAGE
Dans les mêmes tons.
On attend de chaque future mariée qu’elle fasse au moins un de ses trois quilts (les garçons en reçoivent deux pour leur mariage), quitte à se faire aider par sa mère, ses sœurs et ses cousines. Une fois mariées, la femme amish n’aura plus guère de temps à consacrer aux quilts puisque la moyenne est de dix enfants par famille. Vers 40-45 ans, elle se remettra à piquer et souvent, fera flèche de tout bois dans cet art utilitaire qui parfois débouchera, transcendant les règles de la modestie (la Gelassenheit), sur une véritable œuvre d’art.
Seul Dieu crée la beauté ; c’est pourquoi les Amish n’ont jamais considéré le quilt comme un art, une notion qui leur est d’ailleurs étrangère). Même si l’appel du beau n’est pas loin, le quilt a un but purement utilitaire : servir de couverture de lit et animer, aujourd’hui encore, la vie communautaire.
(Source Internet)



LES HOMMES AUSSI FONT DU PATCHWORK A LEUR MANIERE
Pour confectionner ces très belles pièces en bois.

ROULEAUX A PATISSERIE
Que diriez-vous d’un tel rouleau pour étaler vos pâtes à tarte ?

TROP BEAU LE ROULEAU !
Quant à la planche si c’est pour découper, je n’oserai jamais m’en servir !

QUELQUES PIECES MOINS CONVENTIONNELLES
Devant ces chaises originales.

LOG CABIN
On sent bien le tissu récupération.

ORIGINALE CETTE DECORATION !



UNE ANTIQUITE
Le fait de voir les carrés étoilés rassemblés par deux sur la droite, n’est pas l’illusion donnée par le quilt plié. Il est tout simplement « rafistolé » et cousu à cet endroit sans soucis d’esthétique. Sans doute une partie du quilt trop usée a été éliminée ; il a ensuite été ré-assemblé, plus court, sans s’occuper des raccords.
C’est bien ce qui nous rappelle qu’à l’origine il avait avant toute chose un rôle utilitaire.

ENFANTS AMISH
L’école primaire est assez proche pour que les enfants puissent y aller à pied. La formation vise surtout l’anglais, les mathématiques ainsi que la santé, la géographie et l’histoire. L’école, lorsqu’elle est privée est administrée par une commission scolaire de parents amish élus. Dans les écoles privées amish, les enseignants viennent de la communauté amish elle-même. A l’âge de 14 ans, les jeunes quittent l’école.
De 16 à 21 ans, dans les communautés conservatrices (telles que les Schwartzentruber et les Nebraska) vient le Rumschpringa, sorte de rite de passage durant lequel les adolescents sont temporairement libérés des règles de la communauté. Ils peuvent ainsi s’essayer aux pratiques de la vie moderne, boire de l’alcool, fumer, porter des vêtements modernes, regarder la télévision … ils peuvent éventuellement quitter la communauté durant cette période. Cette pratique est controversée au sein même des églises amish. Beaucoup l’ont abandonnée et tentent de promouvoir un comportement décent (et conforme à la morale biblique) à tous les âges de la vie.
A la fin de cette période, ils peuvent demander le baptême et vivre selon les traditions de la communauté. Une infime minorité d’adolescents quitte la communauté définitivement et se décide pour la vie moderne.
Au sein de la famille amish, les parents et les grands-parents, voire les arrières grands-parents contribuent grandement à l’éducation des enfants bien plus par leurs actes que par leurs paroles. Pour les Amish, la parole est dangereuse car elle peut être porteuse de violence, d’attaque, d’injure, d’impureté ou de méchanceté. Ils s’exercent donc très jeunes à bien réfléchir à l’avance à ce qu’ils vont dire afin de parler utilement sans blesser quiconque. Les Amish montrent à leurs enfants comment vivre par leur comportement, l’exemple de leur foi et parlent peu mais travaillent dur et ceci dès le plus jeune âge.
(source Wikipédia)

TOURISME POUR LES AMISH AUSSI
Un quilt amish reflète à la fois la personnalité de son auteur et l’aspect strict - parfois rigide - de la communauté à laquelle il appartient. Certaines des règles débattues à Sainte-Marie-aux-Mines (Alsace), en 1693 lors du schisme amish, sont toujours en vigueur aujourd’hui aux USA, notamment celles décrivant l’habillement. Un Amish est, très loin à la ronde, aisément reconnaissable à son habillement fait de couleurs unies et vives pour les jeunes gens et jeunes filles, de plus en plus sombres, l’âge venant.
Nous avons rencontré ces femmes en Louisiane, à la Nouvelle-Orléans. Elles prenaient des billets semble-t-il pour une mini-croisière sur le Mississippi, en bateau à vapeur.
En voyant ici les couleurs de leurs robes vous comprendrez mieux celles de leurs quilts.


LES AMISH EN FRANCE (source Internet)
Le mouvement amish a été fondé à Sainte-Marie-aux-Mines en 1693 par Jocob Amann. C’est une communauté réputée pour son style de vie très austère qui a donné ses lettres de noblesse à un art textile particulier : le quilt amish. Jacob Amann, dit "le Patriarche" est né en 1644 à Erlenbach dans le Simmental (canton de Berne). Après avoir séjourné un temps dans la région de Steffisburg, il choisit de se rendre vers 1693 en Alsace où il s’établit vraisemblablement d’abord à Heidolsheim. Il entreprit de mobiliser les "Frères" d’Alsace vers plus de rigueur dans les pratiques religieuses et la discipline, et une plus grande simplicité de vie. En raison de sa forte personnalité, il entra rapidement en conflit avec l’ancienne communauté anabaptiste de Ste-Marie-aux-Mines et par la suite avec ceux de Suisse et du Palatinat dont la rupture fut l’aboutissement. Il vient s’établir avec ses adeptes dans la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines. Lui-même habitait La Petite-Lièpvre où il exerçait probablement le métier de tailleur. En 1712, il quitta la vallée, lui aussi touché par l’ordre de Louis XIV, pour se rendre non loin de Zellwiller, près de Barr. C’est là que ses traces se perdent. Selon les dires de sa fille, il serait décédé avant 1730.

3 commentaires:

TyJecyka a dit…

Je me suis à nouveau laissée embarquer dans l'aventure américaine...un vrai plaisir de revoir ces photos...en un seul morceau...
Merci beaucoup

diedouchka a dit…

je découvre......merci m'dame, bien beau reportage, belles photos et mhhhhh, un voyage superbe rien qu'à te lire!!!!

Anonyme a dit…

c super en france il y a des amish ?
c quand meme mieu de faire tout de nos mains comme les amish plutot ke de rester passif dans son canapé a regarder des betises !!!

il vivent bien , j'en suis sur ,
le temps d'avant est meilleur que le temps de maintenent tout est devenu sale , les gens sont mauvais ,,,,

certe on est facilité par des voitures , des maisons chauffer , lelectricité mais la vie d'avant eté mieu jen suis sur !!!
je n'est que 18 ans , mais j'ai assez d'age pour comprendre ce monde fou !!
hihihiih
merci opour ce voyage ,,,
c quant meme bien joli !!!
bonne journée