mardi 5 juin 2007

LES PATCHWORK DE VIRGINIE

VIRGINIE
Je vous présente ma fille unique, Virginie. Douze ans ici, alors que je faisais mes premiers points de patchwork.
Cette housse d’édredon était mon premier ouvrage. Je n’avais reçu qu’un cours de piécé et le coussin que nous y avions réalisé n’était pas à la hauteur de mes ambitions !
Je me souviens : des idées plein la tête, je faisais des multitudes de dessins lors de trajets dans les trains de banlieue ! Les triangles et les carrés qui m’ont permis de faire le grand V et les autres lettres, étaient minuscules. Les plus grandes pièces blanches n’excédaient pas 10 cm. Mais cela ne suffisait pas. J’ai acheté un livre sur l’appliqué pour apprendre la technique et dessiné une violette d’après une photo tirée d’un livre sur les fleurs.
V comme violette … ou Virginie. Les tons mauves et violets étaient à l’époque les couleurs fétiches de ma fille.

POUR MAMAN


Virginie a grandi et comme souvent les enfants, a voulu faire comme Maman. Alors je lui ai appris les rudiments du piécé. Quelques semaines plus tard, en cachette, elle réalisait ce coussin qu’elle m’offrit pour mon anniversaire. Quel beau cadeau et comme elle était fière ! (Moi aussi !)
Frimousse a beaucoup aimé se coucher dessus quand je ne l’avais pas à l’œil !

NOEL
Pour se faire de l’argent de poche, Virginie eut l’idée de vendre sur les marchés de Noël où j’exposais, des boules de polystyrène qu’elle habillait de morceaux de tissus précieux. Il y en avait de toutes sortes, de simples mais aussi de très sophistiquées. Voici le résultat.


Elle en revenait souvent avec des commandes, et y passait toutes ses soirées.


Un jour, elle en eut assez de ces calendriers de l’Avent en carton, distributeurs de chocolats. Elle eut envie d’en fabriquer un elle-même, avec de grandes poches-cœurs … pour y mettre de plus gros chocolats, ou mieux, de petits cadeaux.
La coquine, il ne me restait plus qu’à remplir les poches !



STARS AND STRIPES
Quinze ans.
C’est l’année où nous sommes allés en Pennsylvanie à la rencontre des Amish. En souvenir de ce voyage, elle a choisi les tissus qui m’ont permis de réaliser pour elle cette nouvelle housse d’édredon.

Mais il fallut un coussin pour l’accompagner. Et puis ça tombait bien, il restait un peu de tissu !
LES MOULINS DE MON CŒUR
A 18 ans, elle choisit de faire ses études loin de chez nous. C’est en souvenir de cette séparation que je lui offrais ce quilt d’un mètre au carré. C’est le seul ouvrage de ces pages consacrées à Virginie, qui soit réalisé à la machine.
Toutes celles qui connaissent le montage de ces moulins savent qu’il reste de quoi faire au moins le même quilt, en modèle réduit.
Tandis que Virginie possédait le grand modèle, j’avais le petit pour moi ; le voici.
Vous remarquerez sans doute le dégradé arc-en-ciel …
Un peu de soleil dans une pluie de larmes …


UN EX CHEZ NOUS
Virginie quittait SA maison parisienne à regrets. Je la lui ai offerte en patchwork.
C’est à ce moment-là que nous sommes partis dans les Alpes, pour une autre maison qu’on peut voir plus loin, dans le quilt commun offert au village d’Autrans (exposé à l’Office de Tourisme).



V COMME … VIRGINIE
Virginie a 20 ans.
J’ai confectionné ce coussin en Trapunto.
J’ai ombré son initiale de fils de couleurs glissés entre le molleton et le top.
J’ai ajouté des broderies et des perles.
(Voir LE TRAPUNTO EMBELLI, hors série de MAGIC PATCH).
Aujourd’hui, elle a 27 ans. Et d’autres priorités que le patchwork.
Elle a commencé il y a bien longtemps des blocs de Trapunto à ajouter à des quantités de nine-patch que j’ai montés pour elle, avec les échantillons de tissus pour patchwork, afin d’en faire un dessus de lit.
Je lui avais promis quand elle aurait fini sa part d’ouvrage, d’assembler le tout et de le matelasser pour son mariage.
Quand je lui rappelle qu’elle n’a toujours pas fini, elle me répond malicieusement :
« Ne t’en fait pas Mamounette, je ne me marie pas encore demain ! »
Sacrée Virginie ! Je la soupçonne de faire durer l’ouvrage, telle Pénélope …
Quand un jour elle me dira : « Tu vois bien que je n’ai pas le temps, ce serait sympa de terminer mes blocs », j’aurai compris que la Mairie n’est pas loin !

mardi 29 mai 2007

VOYAGE EN CHINE

En mai 2007, je suis partie avec mari et enfant pour un voyage comme je les aime : sac au dos, transports en commun, et comme dans « Pékin-Express » avec en poche 10 Yuan (1 Euro) par jour et par personne pour manger (tout à fait possible, et sans perdre un gramme … malheureusement !).
Il y avait encore peu d’automobiles mais elles semblaient avoir tous les droits quelle que soit la couleur des feux, alors si vous entrepreniez un tel voyage, sachez que les jours d’un piéton en agglomération sont comptés !
C’est un pays de contrastes où tradition et modernité font bon ménage. Où le bruit vous agresse de toutes part : klaxons, grands chantiers de démolition et de reconstruction, magasins diffusant dans la rue chacun une musique différente, avec sur le pas de la porte des vendeurs vous interpellant à l’aide d’un mégaphone pour vous vanter leurs dernières promotions. Mais où on sait aussi se ressourcer dans de magnifiques jardins publics, en faisant du Taï Chi, en chantant seul ou avec des amis, en jouant d’un instrument, ou en promenant ses oiseaux comme on fait prendre l’air à son chien.
Le dimanche la vie tumultueuse des grandes villes chinoises s’arrête pour une pause.

APPLIQUE
Je pensais voir de très beaux appliqués comme celui-ci extrait d’un ensemble nappe et serviettes offert par ma Maman dans les années 70. En vain.

PIECE
C’est à Xian, sur un marché du Quartier Musulman conduisant à la Grande Mosquée que j’ai trouvé cette robe d’enfant en patchwork. Aïe les pointes ! Comme vous pourrez le voir, les Asiatiques que j’imaginais pourtant si raffinés et minutieux ne sont pas exigeants en matière de piécé ! Sur un autre étal, j’avais repéré un tapis de table : une immense fleur de lotus en 3D. Intéressant dans la construction, mais horrible en couleurs. A peine je sortais mon appareil photo qu’on m’interpellait violemment. Sans doute m’avait-on prise pour un agent ennemi en mission d’espionnage industriel ! Vous ne le verrez donc pas ici. Il ressemblait au modèle du « dahlia » que vous connaissez peut-être, mais dont les pétales seraient en trois dimensions.

BRODERIE
Heureusement les Chinois se rattrapent dans l’art de la broderie. Mais ne nous leurrons, pas celle-ci est extraite d’une collection impériale de la Cité Interdite …




lundi 30 avril 2007

PATCHWORK A AUTRANS



J’ai le privilège de vivre dans un endroit superbe, dans une station de moyenne montagne en Vercors : AUTRANS. J’y animais jusqu’à récemment un club de patchwork où nous nous rencontrions chaque lundi après-midi. Avant de quitter ce « poste » d’animatrice bénévole, j’ai voulu remercier la commune pour l’aide qu’elle m’avait apportée à faire connaître cette activité et laisser une trace de ce que représentaient ces années de partage.
Fin février 2005, nous remettions notre ouvrage commun lors d’une modeste cérémonie organisée pour nous dans les locaux de l’Office du Tourisme où il était prévu d’exposer notre quilt par la suite.

Nous nous y sommes mises avec ardeur. Nous choisîmes ensemble le thème de notre quilt. Renée ébaucha les dessins que je simplifiai à la mesure des difficultés qu’on pouvait rencontrer à les « appliquer ». Ensuite à l’occasion de Assemblée Générale 2004, suivie du repas de début d’année, chacune choisit son « bloc ». Jeannine posa donc la gentiane, Renée le lys martagon et Monique s’offrit le luxe d’appliquer les deux autres : les tulipes des Alpes et le sabot de Vénus, une adhérente ayant abandonné en cours de route. Ces quatre blocs figurant des fleurs emblématiques de notre belle région. Pour les grands blocs, Evelyne entreprit d’appliquer le cerf, roi de nos forêts. Catherine nous montra la piste avec son skieur de fond aussi vrai que nature. Pascale représenta nos alpages et leurs vaches, témoignage de l’agriculture locale. Et je me gardai l’habitation traditionnelle en Vercors Nord : la ferme à pignon lauzé, copie de la mienne. 

Pour marquer le tout, Anny réalisa le bloc central, utilisant le nouveau logo de la station, sans oublier les anneaux olympiques pour nous rappeler les Jeux de 68 pour lesquelles Autrans s’illustra comme Capitale du ski nordique.




L’HABITAT TRADITIONNEL EN VERCORS NORD
Le pignon « lauzé ».
Habituellement orientée dans le sens des vents dominants, la ferme traditionnelle de cette région du Vercors, couverte à l’origine de paille de seigle était très vulnérable aux bourrasques. C’est pour en protéger la toiture que les Anciens érigèrent les pignons plus élevés que l’ensemble ; et pour éviter que la pluie ne s’infiltre dans leurs murs, ils y posèrent des lauzes de calcaire inclinées, l’eau s’écoulant ainsi de marche en marche. Sur la pierre plate au sommet, on ajoutait une autre pièce de calcaire taillée, la « couve ». C’était pour assurer la fertilité dans la maison disent les uns, en signe de protection contre les mauvais esprits disent les autres. On murmure aussi que la grosseur de la couve était en rapport avec la richesse de ses propriétaires !
Ces lauzes possèdent un joli nom : « sauts de moineaux », mais la plus belle des légendes voudrait que ce soit les Escaliers du Père Noël …

CEREMONIE DE REMISE
On procéda à des échanges de tissus pour que chacune trouve le morceau qui conviendra le mieux à son bloc. C’est aussi ça le patchwork.
Une année fut nécessaire pour terminer cet ouvrage. Cela paraît beaucoup quand on sait qu’il aurait pu l’être en beaucoup moins de temps. Mais il faut tenir compte des disponibilités de chacune, de son rythme de travail et surtout du fait qu’il a fallu attendre que tous les blocs soient achevés pour être assemblés, ce qui pose souvent quelques problèmes selon la manière de travailler de chacune. Heureusement, on avait prévu large de façon à pouvoir rattraper le coup éventuellement ! Chacune s’est mise au montage de petites bandes de couleur vive sur le pourtour de son bloc carré ou octogonal. Et l’encadrement final a fait l’objet d’une décision collégiale. Puis, le quilt assemblé a circulé de main en main afin de procéder au matelassage.
A l’Assemblée Générale suivante, tout était achevé. Il ne nous restait plus qu’à attendre une date pour la cérémonie de remise : le 28 février 2005.
Que chacune soit remerciée d’avoir prêté son concours à cet ouvrage.


EXPOSITION A LA FOULEE BLANCHE 2003


A Autrans, il y a aussi la Foulée Blanche, cette grande manifestation sportive qui se déroule chaque année le 3ème week-end de janvier avec ses compétitions de ski de fond pour professionnels et amateurs, et de raquettes pour les Anciens (à la Foulée Blanche, on est « ancien » à partir de 50 ans, alors on prend vite un vieux coup … de vieux !)
Tout ça dans la joie et la bonne humeur.


Le Club de Patchwork d’Autrans était présent à l'édition 2003 de la Foulée Blanche, auprès des artisans locaux. Ici Pascale et Evelyne tiennent le stand.



MES PATCHWORKS A AUTRANS
Je vous ai déjà présenté le village du Vercors où j’habite. Et aussi ma maison, côté pignon lauzé. Je ne suis pas originaire de cette région mais suis venue m’y installer quand l’heure de la retraite a sonné ... pour y reprendre une activité ! Nous avons acheté une vieille bâtisse que nous avons retapée avec des professionnels. Car si l’on m’a surnommée « La Bricole », ce n’est pas pour rien, mais ces travaux ne sont plus de mon âge !


NOTRE DAME DES FLEURS, COTE SAS
Dans ces régions très rudes où les températures hivernales peuvent atteindre – 25 à –30° C on vous accueille toujours dans un sas d’entrée afin de préserver l’intérieur des déperditions de chaleur. Avant que je la garnisse de ce « vitrail », une ouverture était pratiquée dans le mur du sas pour donner un peu de lumière dans la cage d’escalier, derrière. C’était un plexiglas granité très laid et rayé par endroits. Le dos du panneau vitrail a été recouvert du même tissus très fin qui m’a servi de fond, afin de cacher les points du montage des biais du serti ; le tout a été tendu sur un cadre et posé côté escalier derrière le plexi dont on ne voit désormais plus les imperfections.

COTE ESCALIER

POUR L’AUTOMNE

Dans le séjour, je fais « tourner » les quilts au gré des saisons.

Voici un arbre au feuillage passé, construit comme une Etoile de Bethléem. C’était mon second ouvrage.

POUR LE PRINTEMPS

Une brassée de fleurs.


POUR L’ETE
Et puis, il y a les fruits de cet « Eté Généreux ».



POUR L’HIVER
Des pommes de pin pour ce panneau aux couleurs de Noël : rouge, blanc, vert et or.


UNE CHAMBRE


L'ATELIER DE LA BRICOLE




Voici mon atelier de patchwork.
Bien qu’y trône une machine à coudre, je l’utilise rarement pour le montage, préférant le travail à la main, y compris celui du matelassage.
Au fond, en souvenir de mes amies parisiennes que j’ai quittées pour m’installer à la montagne, un quilt de l’amitié qu’elles ont réalisé pour mon départ. Chacune y a brodé son nom, son prénom et les années où nous avons quilté ensemble.

LE GITE
Je vous parlais de reprendre une activité en arrivant dans cette station de sports d’hiver alors dans cette grande maison aux multiples dépendances (à l’origine, c’était une ferme), nous avons aménagé un gîte pour recevoir jusqu’à une douzaine de personnes à la fois.

CECI N’EST PAS UNE PUBLICITE CAR LE GÎTE EST DESORMAIS FERME.Voici seulement des photos de quelques unes des chambres décorées de quilts que j’avais cousus à la machine pour l’occasion, mais toujours matelassés à la main.

TOUT BLEU





Ce panneau qui fait face au lit de la précédente photo, est fait de blocs que j’avais gagnés par tirage au sort lors d’une journée de l’amitié organisée par la Délégation Isère de France Patchwork. Au moment du montage, je me suis trouvée confrontée aux aléas habituels du travail collectif : les dimensions de chaque bloc cousu par des mains différentes !


COTE FLEURS
Le dessus de lit est d’un seul morceau de tissus imprimé dont j’ai matelassé chaque motif en détails. Le panneau mural est la reprise de certains motifs inclus dans un travail de cannage.


LA CHAMBRE JAUNE

Malgré le grand nombre de personnes qui sont passées dans le gîte, et les inquiétudes de mes amies et de ma famille, contrairement à bien d’autres choses, mes quilts n’ont pas été détériorés. La plupart de nos hôtes ont apprécié la décoration. D’autres n’y ont pas été sensibles. Mais tous l’ont respectée.

jeudi 26 avril 2007

QUILTING BEE A RENCUREL

RENCUREL
C'est un village du Vercors près du mien, un peu à l’écart de la route des Gorges de la Bourne menant à Pont-en-Royans.
C’est là qu'habitait à l’époque notre hôtesse, Evelyne, et son ami Gérald, ferronnier d’art.
C’est déjà un évènement qui date puisqu’il remonte au mois d’août 2004. Mais je pense que les « quilteuses » concernées auront plaisir à retrouver les photos qui suivent en souvenir de cette sympathique journée.


OBJECTIF : AMISH … ET FOUR A MICHES
C’était par une chaude et belle journée estivale, ce qui explique que nous étions peu nombreuses.
Nous avons fait « atelier en plein air » et chacune a choisi un bloc amish parmi ceux que j’avais triés pour la circonstance.
Ici on reproduit le dessin du bloc aux « bonnes » dimensions et prépare ses gabarits.
Comme pour tout Amish qui se respecte, j’avais choisi des tissus unis, mais aux couleurs un peu « flashy ».

Pendant ce temps, la braise rougeoie dans l’âtre du four à pain de Gérald ... pendant qu'Evelyne met la dernière main à la pâte.



De la forge au four ... Gérald enfourne les premières pizzas et tartes flambées que quelques unes ont préparées avant de venir.
A L’APERO !

Les petites mains font une pause pour déguster les apéros « maison » apportés par quelques autres. J’avais fait un Vin de Mélisse. Ensuite ce fut un festin de nos spécialités culinaires respectives.
Délicate attention, Evelyne avait confectionné pour chacune un petit pain rond qu’elle avait emballé dans un morceau de tissu provençal découpé au ciseau cranteur et retenu aux quatre coins par une mini pince à linge.

Recette du vin de mélisse :

Laver et sécher dans du papier absorbant une grosse poignée de feuilles de mélisse.
Les mettre à infuser dans 1 litre de vin blanc.
Faire chauffer ½ verre d’eau avec 150 g de sucre. Faire bien fondre le sucre.
Laisser refroidir.
Mettre le sirop ainsi obtenu dans le vin.
Filtrer le lendemain et mettre en bouteille. Pas besoin de laisser vieillir !



On s'active encore ... ou on digère !
Pascale a fini son bloc et s’est remise consciencieusement au matelassage du dernier « quilt mystère » que j’avais proposé. Pendant ce temps, Monique réfléchit. « Après tout cela, qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire à manger ce soir ? »



En fin de soirée, toutes ayant terminé, on dispose les blocs sur ce qui sera le tissus de fond, noir comme il se doit, pour faire ressortir les couleurs vives.
On fait semblant de tirer au sort qui gagnera l’ouvrage. Mais déjà tout le monde s’est mis d’accord pour que les papiers portent tous le prénom d’Evelyne, afin de la remercier de son chaleureux accueil.
Il lui restera la tâche délicate du montage final. Les carrés noirs seront matelassés d’un motif en rosace, écru, mais je ne pourrai pas vous montrer ici l’ouvrage achevé… à moins qu’elle ne m’en envoie la photo !... un jour peut-être (en 2012, je l'attends encore)